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Les travaux sur la voyance gratuite

Ne confondondons pas le voyant rémunéré dont on peut douter et le phénomène de voyance qui se propage gratuitement, loin de toutes considération financière. La voyance est un phénomène gratuit pluridisciplinaire au moyen de la méthode expérimentale de phénomènes qui mettraient en jeu le psychisme et son interaction avec l'environnement. Ces phénomènes sont appelés phénomènes Psi. Le fondateur de cette discipline est Joseph Banks Rhine. La voyance a succédé historiquement à la métapsychique, qui étudiait le somnambulisme et les médiums au XIXe siècle. Les travaux sur la voyance    Les voyants gratuits et la science    Les chercheurs en voyance    Résultats et hypothèses de la voyance    Les travaux sur la voyance expérimentale    Voyance et fraude    Les cas de fraude    Le problème de la reproductibilité    Le problème de la théorie    La controverse    Les applications potentielles de la voyance



Les voyants gratuits et la science

La voyance tente d'établir scientifiquement l'existence du Psi. Les phénomènes psi sont généralement classés en deux grandes catégories :

- Les perceptions extra-sensorielles (PES) : clairvoyance, précognition, télépathie ;
- La psychokinèse (PK) : macro-PK (sur des objets de taille « normale »), micro-PK (au niveau quantique), bio-PK (sur des organismes vivants).

La voyance est généralement considérée dans les milieux scientifiques comme une pseudo-science à cause de son incapacité à prouver l'existence de son objet d'étude, le Psi. Les recherches en voyance sont principalement critiquées, pour ne pas dire démystifiées, par les scientifiques relevant du Scepticisme scientifique. Les sceptiques reprochent essentiellement aux parapsychologues de ne pas « donner sa chance à l'hypothèse HO ». Ils acceptent de remettre en question des points de théorie, mais jamais leur postulat de départ, qui est l'existence du Psi, posée a priori[1]. Le psychologue James Alcock répertorie les principaux arguments sceptiques contre l'existence du Psi[2].

À l'inverse, l'ethnopsychiatrie (nommée parfois aussi ethnopsychanalyse) ou encore la psychologie des expériences inhabituelles sont deux disciplines qui étudient les phénomènes prétendument paranormaux dans une perspective psychologique, sociologique ou encore ethnologique, sans référence au Psi.    Les chercheurs en voyance    Résultats et hypothèses de la voyance    Les travaux sur la voyance expérimentale    Voyance et fraude    Les cas de fraude    Le problème de la reproductibilité    Le problème de la théorie    La controverse    Les applications potentielles de la voyance

Les chercheurs en voyance

Le terme de parapsychologue fait le plus souvent référence à un chercheur possédant un diplôme de psychologie, bien que des scientifiques d'origines très diverses (physiciens, médecins, biologistes ...) en viennent à se spécialiser dans ce domaine. Certains pays, tels que le Royaume-Uni, ont mis en place des diplômes d'état portant spécifiquement sur la voyance. La quasi totalité des parapsychologues sont membres d'une association scientifique spécifique, la Parapsychological Association (PA) organisme membre de l'AAAS. Les conditions pour devenir "Full member" de cette association sont les suivantes : détenir un doctorat, avoir publié un article traitant de voyance reconnu par les membres de l'association comme étant de bonne qualité et ayant été publié dans un journal scientifique ou le méritant, et être coopté par deux membres de l'association. Ces critères sont par exemple quasi identiques à ceux de l'American Psychological Association.

De ce point de vue, rien ne distingue le chercheur en voyance d'un chercheur dans n'importe quel autre domaine d'activité scientifique. C'est d'ailleurs l'avis du sceptique Ray Hyman : "La plupart des parapsychologues expérimentaux ont des diplômes universitaires (...) Ils ont été formés à utiliser les mêmes contrôles expérimentaux et techniques statistiques typiques de l'investigation scientifique."

Le nombre de membres de la PA semble relativement stable depuis plusieurs années, avec environ une centaine de "Full Members". Si l'on inclue les diverses catégories de membre de la PA on peut compter qu'environ 200 chercheurs travaillent dans le domaine de la voyance à travers le monde, dont un quart effectue des recherches à plein temps au sein de structures officielles. Il existe environ une vingtaine de laboratoires universitaires travaillant sur la voyance. La plupart sont situés en Grande-Bretagne.

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Résultats et hypothèses de la voyance

Les expériences effectuées par les parapsychologues ont mis en évidence des effets. Ces effets ont des tailles relativement faibles, ce qui implique la nécessité d'études avec une forte puissance statistique. Cependant, l'interprétation de ces effets est l'objet de débats au sein de la communauté parapsychologique. À l'heure actuelle il est difficile de déterminer si ces résultats sont le fruit d'artefacts subtils ou la mise en évidence d'interactions inconnues. La principale difficulté provient du fait qu'à supposer que ces interactions existent, il n'existe pas de démonstration sur le plan physique et biologique de leurs mécanismes. Cependant, les travaux déjà effectués permettent d'arriver à un certain nombre d'observations :

- Si les perceptions existent, elles ne reposent pas sur un canal physique tel que ondes électromagnétiques, ultra-sons, etc... Des expériences avec cages de Faraday, ou bien à des distances de milliers de kilomètres, ont eu des résultats positifs.
Ces perceptions semblent indépendantes de la distance et du temps. Il n y a pas de différence entre les effets par précognition ou par clairvoyance.
- Les résultats varient d’un sujet à l’autre et d’un test à l’autre, ce qui entraine une non-reproductiblité au sens strict. Pourtant, il existe, comme dans toute science humaine, une reproductibilité statistique qui peut être mise en évidence par la méta-analyse. Ces effets ne sont donc pas impossibles à reproduire, ils nécessitent des paramètres spécifiques.
- La plupart des expériences psi mettent en évidence un effet de déclin : les réussites sont plus importantes au début qu’au milieu du test, et parfois remontent vers la fin (la fameuse courbe en U). Cet effet, observable dans des expériences de psychologie cognitive classique, pourrait provenir de la fatigue et la lassitude des sujets.
Quelquefois, on obtient du psi-missing, c’est à dire des résultats aux tests significativement très inférieurs à ceux prévus par le hasard (comme si les sujets « rataient » volontairement). Il est possible de prévoir avant le déroulement d'une hypothèse ce type d'effets chez les sujets qui ne croient pas en l'existence de ces expériences.
- Les phénomènes de RSPK semblent se focaliser autour d’un individu (souvent un jeune souffrant de problèmes psychologiques), et/ou de certains objets
- L’ampleur des effets PK ne dépend pas de la complexité du dispositif expérimental.

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Les travaux sur la voyance expérimentale

Les travaux effectués dans le domaine de la voyance expérimentale peuvent être classés en deux grandes catégories :
- Les travaux élitistes concernent les recherches portant sur des sujets « doués », appelés aussi « sujets psi ». Les travaux effectués dans ce domaine, dans des cadres contrôlés, ont pour ambition d'éviter toute interférence dans le protocole expérimental, comme la lecture froide et les effets Barnum dans le domaine des perceptions extra sensorielles. Pour la psychokinèse, les dispositifs mis en place sont généralement plus complexes. En effet, de nombreux exemples de « tricherie » ont été rencontrés chez les sujets, ces derniers utilisant des techniques empruntées à l'illusionnisme.
- Les travaux universalistes ont été développés principalement à l'université de Duke par Joseph Banks Rhine, dans le prolongement de travaux de Charles Richet. Ils ont pour but la mise en évidence d'effets psi chez des individus non sélectionnés. Ces expérimentations nécessitent un nombre d'essais très important, car les phénomènes recherchés apparaissent avec une fréquence très faible. On peut notamment citer le protocole Ganzfeld ou encore les travaux de micro-PK d'Helmut Schmidt. C'est à l'heure actuelle l'approche qui est privilégiée au sein des laboratoires de voyance.
La voyance est un champ d'étude particulièrement controversé. L'existence même de son sujet d'étude n'est pas prouvée et est régulièrement remise en question. Si certains observateurs considèrent que les travaux dans ce domaine ont permis de mettre en évidence des phénomènes inexplicables autrement que par le psi, d'autres contestent ces analyses et remettent en cause le statut scientifique de la voyance. En effet, cette discipline est confrontée à de majeures critiques :

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Voyance et fraude

La question de la fraude est source de nombreux débats. On peut tout d'abord remarquer qu'il existe plusieurs exemples historiques de fraude en voyance. Au XIXe siècle, par exemple, alors que le débat faisait rage à propos du spiritisme et de l'existence des esprits, l'illusionniste Harry Houdini fut un critique de certains médiums. Il dénonça les trucs d'illusionnismes utilisés par les médiums spirites afin de faire croire qu'ils étaient capables de communiquer avec les morts. Mais il faut remarquer que les parapsychologues et les métapsychistes eux aussi ont effectué ce travail d'explication et de mise en évidence de divers procédés charalatanesques[24]. Certains prestidigitateurs célèbres, comme par exemple Robert Houdin, n'ont d'ailleurs pas été en mesure, dans certaines séances, d'expliquer les phénomènes observés
La fraude des sujets

Il peut exister deux types de fraudes en voyance: le premier est celui en provenance de sujets étudiés[26], le second est celui de données altérées par les parapsychologues eux-mêmes. En ce qui concerne la première catégorie, il est essentiel, lorsqu'on étudie un sujet prétendument doué pour le psi, d'avoir un illusionniste pour minimiser un maximum le risque de tricheries. Différents ouvrages proposent des conseils pour prévenir ce genre de fraudes, tel que par exemple l'ouvrage de Richard Wiseman et Robert L. Morris Guidelines for testing psychic claimants.

On pourra également remarquer la difficulté de travailler avec des sujets dans le domaine de la psychokinèse, comme Uri Geller, ayant des connaissances en prestidigitation. Ce dernier a notamment été critiqué par James Randi. Une expérience, publiée dans la revue Nature, a d'ailleurs été l'occasion de nombreux débats. [28].

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Les cas de fraude d'expérimentateurs



Il existe peu de cas de fraude non disputée en voyance: - L'affaire Walter J. Levy, élève de Rhine. Dans ce cas, c'est l'équipe du laboratoire de voyance de l'université de Duke, qui en vérifiant les données, se rendit compte d'une incohérence dans celles provenant de Levy. Levy, sous la pression de Rhine, avoua avoir triché. Rhine publia dans le Journal of Parapsychology cette découverte et toutes les publications de Levy furent donc jugées par les parapsychologues comme irrecevables.
-L'affaire Samuel Soal. Harvey J. Irwin et Caroline A. Wattindiquent pour leur part qu'aucune étude ne démontre qu'il y a davantage de fraude en voyance que dans les autres disciplines.
Charles Edward Mark Hansel propose d'autre exemples de fraude de la part de chercheurs en voyance dans son ouvrage ESP: A Scientific Evaluation[32]. Hansel, tout comme Randi, est critiqué par certains scientifiques concernant la cohérence des critiques.
Charles Tart prétend que certains sceptiques, ne trouvant aucun biais dans les protocoles de voyance, invoquent une fraude de la part des expérimentateurs, fraude qui n'a pas été mise en évidence. On peut citer plusieurs exemples :
- James Randi à propos des expériences de Rupert Sheldrake avec le chien Jaytee. Randi affirma avoir analysé les données et découvert des biais. Si l'on en croit Sheldrake,Randi aurait avoué qu'il n'avait en réalité jamais consulté les données.
- Hansel à propos des expériences de Rhine et de la Séance Pearce-Pratt. Ne trouvant pas de biais dans ces expériences, Hansel consulta des plans du laboratoire qui pouvaient selon lui permettre une fraude. Or les plans consultés n'étaient pas de la bonne époque. Si l'on se réfère aux plans réels, la critique d'Hansel est incohérente. Malgré la connaissance de cette erreur, Hansel ne revint jamais sur sa position.
- Henri Broch à propos des expériences de Rhine. Henri Broch affirme que les résultats des expériences de Rhine proviennent notamment du dos des cartes qui peut comporter certaines imperfections. Or, dans la plupart des recherches de Rhine, les sujets ne voyaient pas le dos des cartes.

Selon un certain nombre de parapsychologues, les sceptiques diffusent par les médias de faux biais afin de discréditer la recherche en voyance.
Outre la fraude volontaire, il peut exister des erreurs involontaires, comme dans n'importe quel domaine scientifique, provenant des convictions des expérimentateurs. On parle alors d'effet Rosenthal.

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Le problème de la reproductibilité


Il s'agit du principal reproche à l'encontre de la voyance. Le faible taux de reproductibilité des expériences ainsi que la variabilité des résultats en fonction des expérimentateurs sont pointés du doigt par les sceptiques, qualifiant la discipline de pseudo-science. En effet, le principe de reproductibilité est généralement considéré comme une caractéristique essentielle d'une science expérimentale. Les parapsychologues tentent de résoudre ce problème en cherchant des explications aux échecs de reproductibilité (effet mouton-chèvre, effet expérimentateur...) et en utilisant des méthodes telles que les méta-analyses, empruntées aux sciences de l'homme. Les observateurs sceptiques considèrent pour leur part que les difficultés de reproduction des résultats significatifs par d'autres chercheurs sont une preuve que le psi n'existe pas et que les résultats positifs sont dus à des biais expérimentaux.

Les critiques de la voyance mentionnent souvent l'existence d'un effet "tiroir" (ou en anglais filedrawer effect)[39] en voyance. L'Effet Tiroir est un biais de publication[40], qui existe dans tous les domaines de la science, mais qui joue à plein en voyance : les revues ont beaucoup plus tendance à publier des recherches ayant des résultats positifs que des recherches ayant des résultats négatifs. Le résultat de ce biais de publication est qu'en lisant la littérature le lecteur a l'impression que les résultats sont en faveur d'une hypothèse (en voyance, l'hypothèse de l'existence du psi), alors que si toutes les recherches étaient publiées il pourrait constater qu'en moyenne les résultats sont en défaveur de l'hypothèse.
Henri Broch, ainsi que d'autres auteurs, ont pour cette raison critiqué les méta-analyses. Le résultat d'une méta-analyse dépend bien évidemment des études qui sont inclues dans celle-ci. S'il y a un biais important de publication, alors forcément le résultat de la méta-analyse sera biaisée. Il faut cependant souligner que ceci n'est pas la seule raison pour laquelle les sceptiques critiquent l'usage des méta-analyses, et ce quel que soit le domaine (aussi bien la voyance que la médecine pour ne citer qu'un autre exemple de domaine scientifique où la méta-analyse est utilisée).
À cause de ces critiques sceptiques, les parapsychologues ont pris le parti de publier toute recherche menée, qu'elle conforte leurs espérances théoriques ou les desservent. Par exemple, une des publications françaises sur ce sujet, réalisée par l' Institut Métapsychique International et des statisticiens toulousains a fait l'objet d'une publication malgré des résultats décevants. Néanmoins, par définition, il est impossible de savoir si réellement les parapsychologues publient toutes les recherches menées, et les sceptiques supposent que malgré tout, encore aujourd'hui, les parapsychologues ont tendance à ne pas tout publier (par exemple les expériences menées par des étudiants dans le cadre de leur mémoire de maitrise, si les résultats obtenus sont négatifs). On ne peut qu'espérer qu'un maximum de recherches soient publiées (positives comme négatives), afin d'éviter un maximum ce biais de publication.

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Le problème de la théorie


Il n'existe pas actuellement de théorie scientifique unanimement acceptée permettant d'expliquer les résultats obtenus par les voyants. Il existe cependant des « modèles de compréhension » permettant de déterminer quels sont les paramètres permettant d'obtenir des effets psi (meilleurs résultats chez les sujets liés affectivement, importance de certains caractères psychologiques, etc.) et des esquisses de théories descriptives comme le modèle de l'information pragmatique (Lucadou, 1987). La journaliste Lynne Mc Taggart dans son enquête L'univers informé (Ariane, 2006) retrace l'aventure des recherches qui tendent à dessiner un nouveau paradigme scientifique sur un univers en interrelation où l'esprit et le corps humain sont baignés et reliés par un « champ d'energie ». Ces théories ne font pas non plus consensus, en particulier concernant le fait qu'elles contredisent ou non les théories actuelles en physique contemporaine. Certains auteurs sceptiques pensent que ces théories ne sont pas conciliables avec les théories classiques tandis que d'autres chercheurs (on peut citer notamment Werner Heisenberg,le prix Nobel de physique Brian Josephson, Remy Chauvin, ou encore le français Olivier Costa de Beauregard, chercheur en physique quantique) pensent que les théories du psi n'invalident pas les modèles de physique contemporains, mais qu'ils les complètent. Au niveau théorique, les sceptiques critiquent généralement le fait que le « support » de l'information et un éventuel organe « récepteur » n'aient pas été mis en évidence. Pour les parapsychologues, les effets psi ne fonctionnent pas selon les mêmes modalités que les autres phénomènes physiques, et par conséquent parler de support d'information et d'organe récepteur est inadapté.

Anomalité et causalité

Les expériences de voyance tentent de mettre en évidence des déviations statistiques anomales liées à un paramètre de l'expérience (par exemple le taux de réussite que les sujets ont à deviner la couleur d'une carte en fonction de cette couleur) or, une corrélation n'implique pas que le lien est le psi. Cela peut être du à des paramètres cachés de l'expérience.

L'effet expérimentateur

Ce terme prend un sens particulier dans le domaine de la voyance. C'est une forme particulière de l'effet mouton-chèvre au niveau de l'expérimentateur. Les parapsychologues émettent l'hypothèse que l'expérimentateur pourrait avoir une influence sur les résultats de façon psi (et non pas de façon classique, comme par exemple avec l'effet Rosenthal). Les sceptiques, à l'inverse, y voient un effet Rosenthal classique. La possibilité de distinguer d'éventuels effets psi provenant des sujets avec ceux provenant des expérimentateurs est un débat important au sein de la communauté des parapsychologues.

Le manque de moyens

Les recherches effectuées dans le domaine de la voyance depuis près d'un siècle ont été effectuées avec les mêmes moyens que ceux dévolus aux départements de psychologie américains pendant deux mois. Cela permet d'expliquer en partie la raison pour laquelle les parapsychologues ont de grandes difficultés à mettre en place des recherches. Il faut ajouter à cela le nombre faible de chercheurs travaillant à temps plein dans ce domaine. Un autre facteur explicatif du manque d'essor de la voyance est la difficulté de répliquer les expériences pour les raisons invoquées précédemment. Enfin, on peut mentionner le fait qu'il est souvent très mal vu dans les milieux universitaires de travailler sur les questions liées à la voyance. C'est généralement une approche critique qui est favorisée et les travaux tentant de mettre en évidence les phénomènes sont souvent difficiles à mettre en place.

L'absence de localisation cérébrale

Si le psi existait, il devrait être possible d'identifier une zone dans le cerveau qui le détecte, tout comme il devrait être possible de détecter le « champ » lui-même par des moyens techniques. Les parapsychologues ont échoué dans les deux domaines. Une recherche publiée en 2007 par Samuel T. Moulton et Stephen M. Kosslyn de l'Université Harvard a montré qu'il n'y avait pas de différence d'activation cérébrale lors d'une tâche psi réalisée sous neuroimagerie et d'une tâche similaire non psi. Les auteurs ont conclu que leur recherche apportait une preuve forte en faveur de l'hypothèse H0, c'est-à-dire que le psi n'existe pas.    La controverse    Les applications potentielles de la voyance

La controverse


La voyance est largement controversée dans la communauté scientifique et par les sceptiques (ou en France les tenants de la Zététique) :
- Elle est premièrement contestée en raison de son incapacité à prouver de manière indubitable l'existence de son objet d'étude (le Psi).
- On lui reproche ensuite aussi le plus souvent la faiblesse de ses protocoles expérimentaux et le manque de rigueur des parapsychologues, qui tirent des conclusions hasardeuses par rapport aux résultats des expériences.
- Une autre critique majeure de la voyance est qu'elle n'a jamais réussi à produire une expérience qui soit réplicable par tous (que le chercheur soit un croyant ou un sceptique) avec des résultats constants.
- Un autre reproche classique est qu'il s'agit d'un domaine de recherche largement envahi par la fraude, les chercheurs falsifiant leurs résultats.
- On parle aussi souvent dans la littérature sceptique de l'« effet tiroir », qui serait un biais de publication (un chercheur ayant tendance à publier des expériences ayants obtenus des résultats positifs mais à laisser celles ayant obtenus des résultats négatifs « dans le tiroir de son bureau », ce qui donne une mauvaise perception de l'état actuel de la recherche lorsqu'on lit l'ensemble de la littérature publiée).
- Enfin, la voyance se caractérise par un très petit nombre de chercheurs. Lorsqu'on ouvre une revue de voyance, les mêmes noms reviennent, de numéros en numéros. Cet état de fait n'est pas une bonne chose pour une relecture critique des articles : en effet, le petit nombre de chercheurs publiant dans les revues de voyance sont aussi les mêmes qui font parties des comités de lectures de ces revues. La voyance est souvent qualifiée de pseudo-science pour ces différentes raisons.

Les applications potentielles de la voyance

Les applications potentielles de la voyance


Voyance et archéologie

Il existe un certain nombre de travaux d'archéologie, et de découvertes archéologiques, qui ont été effectués avec l'aide de sujets psi. On peut notamment citer les travaux de Stephan Schwartz qui ont principalement pour but de déterminer des lieux de fouille grâce au croisement d'informations données par des sujets psi]. Cependant, on remarquera qu'il est souvent difficile de déterminer précisément dans quelle mesure les informations proposées par les sujets psi ont permis de faire des découvertes.

Voyance et renseignement


Les travaux les plus connus sur le sujet sont ceux effectués sous l'égide de la CIA, dont le dernier nom de code fut « Stargate ». Durant près de 20 ans, un programme top secret fut dirigé par la CIA et impliquait un groupe de sujets psi sélectionnés et entrainés en vue d'applications dans le domaine du renseignement. Le sujet censé être le plus doué dans cette équipe, Joe McMoneagle, a reçu la croix du mérite pour son travail. La CIA a demandé à deux observateurs, Ray Hyman et Jessica Utts, de juger les résultats de ces travaux. Leurs avis divergent. Leurs rapports sont consultables en ligne.

Voyance et recherche de personnes disparues


Il n'existe pas à l'heure actuelle d'étude fiable de grande ampleur sur le sujet. Il existe cependant un certain nombre de publications portant sur des personnes retrouvées à l'aide, voire parfois uniquement, d'informations données par des sujets psi. Cependant, comme d'habitude dans ce champ de recherche, les avis divergent. Pour certains, le fait que les sujets n'obtiennent pas toujours des résultats est suffisant pour fortement critiquer ce type d'application. Ce fut notamment le cas dans une affaire belge.

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